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Sur le terrain

Amphibiens et reptiles du lac Boyd: portrait et observations
(1999 à 2002)
Texte et photographies par Mathieu Ouellette
Mise en page par Jean François Déry

Situé dans les Hautes-Laurentides du Québec, le lac Boyd est un secteur intéressant à arpenter pour quiconque aime observer l'herpétofaune québécoise. L'éventail des espèces présentes est intéressant et la densité de leurs populations est frappante.

Description du site

Les amphibiens
Les reptiles
Autres animaux
Signes de l'activité humaine

Description du site
On peut décrire grossièrement la forme du petit lac Boyd comme étant un «V». Une gravière et des millieux humides se retrouvent à l'extrémitité gauche du «V». L'extrémité de droite possède elle aussi des milieux humides où une crique y est reliée. Une immense presqu'île forme le creux de ce «V». Ses rives sont entourées par la forêt à l'exception de la zone adjacente à la gravière. Le lac semble creux, du moins d'après ce que l'on peut en conclure en regardant la zone voisine de la gravière. En effet, la pente formée par la berge et le fond de l'eau est très abrupte. Le lac est parsemé de plusieurs troncs d'arbres flottants. Les zones qui innondent de la gravière sont très denses en végétation aquatique. Par contre, les fossés au pied des collines de la gravière sont très pauvres en végétation. Il faut noter que dans le cadre de cet article seul la partie accessible via la gravière a été explorée puisque cette dernière est beaucoup plus facile d'accès

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Flaques temporaires ...
Zone innondées...
Vue sur la pointe...

 

Amphibiens
Durant les randonnées et les recherches beaucoup plus aléatoires que systématiques, 4 espèces d'amphibiens ont été répertoriées. Il s'agit, en ordre d'importance des observations, de la grenouille verte (Rana clamitans), de la grenouille du nord (Rana septentrionalis), du crapaud d'Amérique (Bufo americanus) et du ouaouaron (Rana catesbeiana).

L'attrait le plus marquant du lac Boyd est sans contredis la densité de ses populations de grenouilles (R. clamitans et R. septentrionalis). Les années 1999 et 2000 étaient littéralement à couper le souffle. Par temps humide, il était même parfois difficile de progresser sur le terrain à cause de la crainte d'écraser les grenouilles qui formaient littéralement un tapis sur le sol à certains endroits. Il ne se passait pas une seconde sans entendre le son de l'éclaboussement résultant du saut d'une grenouille. Il y a eu cependant une diminution notable des effectifs durant les années 2001 et 2002. Toutes les tailles sont représentées, allant des jeunes n'étant pas complètement métamorphosés aux spécimens adultes. Les grenouilles fréquentent les zones innondées par le lac, les fossés de sables et de roches remplis d'eau situés à la base des collines formées par la gravière, les zones de ruisellement ainsi que les flaques. Par temps humide, bon nombre d'entres elles s'attardent sur le sable humecté d'eau. Fait à noter, quelques grenouilles mal en point avec des infections cutanées ont été décelées et quelques individus morts ont aussi été trouvés.

Crapaud d'Amérique..
Grenouille du nord...
Ouaouaron...

Comme mentionné précédemment, on retrouve aussi des crapauds d'Amérique . Durant les journées chaudes et ensoleillées, ils semblent à leur aise sous les roches ou les déchets de la gravière. Ils trouvent probablement bon nombre de leurs proies sous ces refuges.

Pour ce qui est des ouaouarons (R. catesbeiana), ils se retrouvent dans les eaux peu profondes débordant sur la gravière. Ces prédateurs dont la voracité est notoire y chassent vraisemblablement les grenouilles, les têtards, les jeunes tortues, les petits poissons et les invertrébrés qui s'y trouvent en grand nombre.

Une multitude de têtards de toutes espèces et ayant atteints divers stade de leur métamorphose peuvent également y être observés. Ils se retrouvent en très grande majorité dans la zone innondée par le lac.

Il est à noté qu'aucune visite n'a été effectuée avant le mois de juin. Il serait donc envisageable que certaines rainettes comme la rainette crucifère (Pseudacris crucifer) et la rainette versicolore (Hyla versicolor) soient présentes et que leur nature plus discrète en saison chaude leur a permis de passer inaperçues. En effet, ces deux espèces d'anoures sont présentes dans la région. Il est aussi permis de supposer que d'autres espèces de grenouilles appartenant au genre Rana, également présentes dans le secteur, pourraient potentiellement se trouver sur le site. Enfin, aucun urodèle n'a été observé. Il serait toutefois très possible que les berges boisées qui ne sont pas adjacentes à la gravière puissent abriter quelques espèces de salamandres.

Reptiles
Les reptiles ne sont pas en reste et les recherches ont permis d'identifier 2 espèces de tortues ainsi que 2 espèces de couleuvres. Il s'agit de la tortue peinte (Chrysemys picta), de la chélydre serpentine (Chelydra serpentina), de la couleuvre rayée (Thamnophis sirtalis) et de la couleuvre à ventre rouge (Storeria occipitomaculata).

La tortue peinte a été observée à maintes reprises. Les conditions offertes par le lac Boyd sont très propices à cette espèce. En effet, plusieurs troncs d'arbre pouvant faire office de site d'exposition au soleil se retrouve dans le lac lui-même. De plus, les jeunes bénéficient d'un niveau d'eau peu profond dans les zones débordant sur la gravière. Enfin, le terrain meuble, sablonneux et ensoleillé représente un lieu de prédilection pour les femelles recherchant un site de nidification adéquant. Une femelle qui était probablement en quête du site idéal pour pondre à d'ailleurs été retrouvé morte plus loin dans la gravière. La raison de son décès est cependant inconnue. Un nombre important de jeunes fréquentent les zones innondées, parfois même des flaques qui semblent plus temporaires que permanantes. Lorsque effrayés, ils plongent ou s'enfoncent dans l'eau afin de se cacher dans les algues. Tout comme les adultes, les petites tortues peintes aiment s'exposer au soleil. Un jeune spécimen a d'ailleurs été observé dans la zone innondée en train de prendre un bain de soleil sur une roche. Un seul jeune a été trouvé dans le lac en tant que tel. Ceci s'explique probablement par la pronfondeur importante ainsi que par la pente abrupte du fond.

Pour ce qui est des jeunes chélydres serpentines, elles fréquentent les mêmes zones que les tortues peintes juvéniles. L'une d'entre elle a d'ailleurs été trouvé à côté d'une flaque d'eau en train de s'exposer aux rayons du soleil sur le sable. Fait intéressant, l'espèce supposément très aggressive même en bas âge, n'a fait preuve d'aucune tentative de morsure lorsque manipulée. Aucun adulte n'a été observé sur le site même, mais la découverte d'un cadave d'une grosse femelle adulte en bordure de la route à proximité du lac Boyd permet de supposer que ce plan d'eau était son lieu de provenance.

La couleuvre rayée est de loin le reptile le plus commun du site. La densité de sa population et la taille des spécimens adultes sont impresionnantes. Il y a sans doute une corrélation à faire entre les populations importantes de grenouilles et celle de cette espèce de couleuvre. En effet, les couleuvres rayées sont des prédateurs friands de grenouilles. Dans ce secteur particulier, les spécimens adultes sont souvent associés à des petits arbustes poussant en sol rocailleux sur la périférie du lac et aux herbes hautes qui précèdent la forêt. Les jeunes fréquentent tant qu'à eux les zones plus rocailleuses. Il est alors difficile de saisir ces derniers au passage puisque la quantité de cachettes est quasi infinie. Plusieurs exuvies font également état de la présence de ce serpent. Espèce à la livrée très variable, il semble toutefois que deux colorations principales sont arborées par les individus du lac Boyd: les couleuvres noires à bandes orangées et les couleuvres plus ternes recouvertes d'un motif en damier foncé et des lignes jaunes pales.

La couleuvre à ventre rouge y vit également. Un seul spécimen a été toutefois été trouvé à ce jour. L'individu en question a été découvert sous un gros morceau de carton en bordure du lac. Cette petite couleuvre avait le dos brun pale et les écailles ventrales oranges. Elle trouvrait probablement sous le carton, en plus d'un refuge, des petits invertébrés qu'elle consomme avidement.

Autres animaux
Les poissons sont présents dans le lac Boyd et quelques uns d'entre eux ont d'ailleurs réussi à se rendre dans les zones innondées face à la gravière. Les plus gros y chassent sans doute les amphibiens et leurs larves tandis que les plus petits s'en prennent sans doute aux divers invertébrés. Pour ce qui est des mammifères, quelques petits campagnols ont été trouvés en soulevant des grosses pierres. De éboulements de roches au sommet des amoncellements de la gravière reliée à la forêt suivis de craquements de branches suggèrent que de plus gros mammifères ont pris la fuite. Il pourrait vraisemblablement s'agir de l'ours noir ou du cerf de Virginie ; ces deux espèces étant très présentes dans la région (le ravage de cerfs le plus important du Québec englobe notamment le secteur). Très peu d'oiseaux y ont été aperçus. Le faible nombre d'observations est sans doute attribuable à l'absence total de site pouvant servir perchoir sur la gravière. Le nombre d'insectes piqueurs est toutefois très impressionnant!

Signes de l'activité humaine
L'activité humaine est évidemment présente sur le site. En effet, comme mentionné à répétition dans l'article, il y a une gravière. Toutefois, celle-ci ne semble que très peu exploitée. Plusieurs déchets tels que des morceaux de cartons et des planches jonchent le sol. À l'occasion, des morceaux de bois brûlés résultant de feux de plaisance son trouvés. De plus, plusieurs douilles, des cartouches vides ainsi que des restes de cibles trouées sur le sol indiquent que le site est à l'occasion utilisé pour des fins de tirs. Des traces de VTT sont également présentes. Enfin, des restes d'équipement de pêche y ont été abandonnés. Il en ressort toutefois que les activités humaines qui y sont pratiquées sporadiquement ne représentent pas à l'heure actuelle une menace pour l'herpétofaune du lac Boyd.

Un site en retrait qui frappe par la densité de ses populations et qui réserve sans doute encore de passionnantes surprises. À suivre!

©2002 Mathieu Ouellette


 

 

   

 

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